New York, source d'inspiration de l'artiste Corno
Source: Vanessa Gondouin-Haustein, AOL
Posté le 08/08/11 12:19PM
Dossier: Femmes
Installée dans son magnifique studio de Soho, quartier d'artistes à New York, l'artiste-peintre québécoise Corno, de son vrai nom Joanne Corneau, reçoit AOL et revient sur ses rêves et son succès.
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Trois cuillères à soupe de jaune pour donner de la chaleur, deux de rouge et un peu de fluo, la couleur tendance du moment: Joanne Corneau prépare ses peintures. L'artiste est simplement belle avec son pantalon et son tee-shirt noir barbouillés de peinture, et ses cheveux longs détachés. Elle sourit beaucoup et bavarde volontiers sur ce qui l'anime.
En trente-cinq ans de carrière, Corno a réalisé des milliers de toiles, aujourd'hui vendues aux quatre coins de la planète, et elle organise deux expositions par année. La clé de son succès: la méthode « Corno ». De la subtilité, de la rigueur et beaucoup de travail. « Je suis assez assidue et organisée. Lorsque je travaille, j'ai besoin de concentration ». Pas ou peu de grasses matinées ou de jour de repos. Joanne s'astreint une « discipline bras de fer ». Chaque jour, elle se lève tôt, prend un petit-déjeuner équilibré, fonce à la salle de gym avant de rejoindre son atelier vers 10 h. Là, un casque audio vissé sur les oreilles pour l'empêcher d'être déconcentrée par les bruits de la rue, Corno travaille pendant des heures. « Il y a tellement d'autres choses que j'aimerais faire », avoue celle qui se laisserait volontiers emporter au gré de New York. Mais c'est cette rigueur qui a permis à la peintre canadienne de se frayer un chemin dans le monde très fermé des arts.
Artiste aux talents incontestés, Joanne se souvient des débuts « pas toujours faciles à New York ». Après des études aux Beaux-Arts, la fille de Chicoutimi vend ses premières toiles à Montréal. Ses célèbres visages de femmes, aux lignes parfaites et aux lèvres pulpeuses, obtiennent les faveurs du public. Pourtant, à la fin des années 1980, l'artiste se sent limitée. « J'avais comme fait ce que j'avais à faire. J'avais surtout envie d'apprendre, de me dépasser, d'aller plus loin. Le Québec c'est extraordinaire, mais tout ce que je faisais était soit trop gros, soit trop cher », ajoute-t-elle.
C'est donc dans la Grosse Pomme, référence dans le milieu des arts, que Corno pose ses valises en 1992. Le coup de foudre est immédiat. L'énergie de la ville, la lumière, la couleur, les gens, l'agressivité, la nouveauté, tous ces sentiments se mêlent et se bousculent dans l'esprit de Corno qui les utilise dans ses toiles. À New York, l'artiste trouve son style qui devient très vite sa signature.
« New York, ce n'est jamais facile », avoue l’artiste, qui a passé plus d'une nuit sur le futon installé dans le fond de son petit atelier. « Ici, il faut toujours te surpasser, pousser tes limites, te défoncer. C'est super physique. » En moins de dix ans, le succès est au rendez-vous et Joanne se fait un nom sur la scène internationale. « Lorsque je suis arrivée, j'avais une vision que mon studio allait être comme celui-là, qu'il serait installé dans Soho et que je vivrais de mes oeuvres ». Joanne vit en plein dans son rêve. Plus que de la chance, c'est sa persévérance, son talent et son travail acharné qui ont ouvert à Corno les portes du succès.
-Les oeuvres de Corno sont visibles à l'AKA Gallery de Montréal


















