Un gala de l’ADISQ sans réelle surprise
Source: Charles-Éric Blais-Poulin, AOL
Posté le 31/10/11 1:10AM
Dossier: Divertissement
Animé de main de maître par un Louis-José Houde toujours aussi drôle et volubile, le 33e gala de l’ADISQ a réservé très peu de surprises du côté des gagnants.
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La chanteuse Marie-Mai est grimpée sur scène à trois reprises, dimanche soir, d’abord pour ouvrir le gala de l’ADISQ en musique, puis pour mettre la main sur les Félix de l’interprète de l’année et du «Spectacle de l’année, auteur-compositeur-interprète». Libre, souriante, légère, la préférée des adolescentes ne cachait pas sa joie en coulisse du Théâtre St-Denis. «C’est moi qui décide de l’ordre de mes chansons, de mes mouvements sur scène, de presque tout, s’est-elle confié. J’ai l’impression que je pourrais faire des spectacles 365 jours par année.»
Les coqueluches de Star Académie et les vieilles têtes du «show-business» ont barré la route à plusieurs artistes, exception faite de Vincent Vallières, dont la chanson «On va s’aimer encore» a été la plus appréciée en 2011, et de Fred Pellerin, gagnant dans la catégorie «Spectacle de l’année, interprète».
Le chanteur-conteur a d’ailleurs offert un des plus beaux moments de la soirée, alors qu’il a rendu un vibrant hommage au légendaire Gilles Vigneault. «Au Québec, nous avons un drapeau, mais il manque le mât», a-t-il clamé, en paraphrasant le poète, impatient de voir naître un grand projet collectif. Puis Vigneault s'est ensuite fait parler d’amour par Richard Séguin, Louise Forestier, Robert Charlebois et des élèves de l’école Gilles-Vigneault qui sont venus le chanter.
Mis à part ce moment de grâce, le reste de la soirée était plus convenue. La pétillante Brigitte Boisjoili s’est vue couronner «révélation de l’année», laissant bredouille les excellents Jimmy Hunt et Alex Nevsky, tandis que les routiers Ginette Reno et Marc Dupré se sont mérité chacun un trophée, respectivement dans les catégories «album pop» et «album rock» de l’année. Les deux interprètes ont reçu leur prix avec émotion. La première a rendu hommage à son pianiste Léon Bernier, larmes aux yeux, décédé le 11 octobre dernier. Le second, incrédule, méritait un prix pour la première fois de sa vie, tous galas confondus. «J’ai gagné une fois une médaille en judo, mais ça ne compte pas», a-t-il blagué avec AOL.
Éric Lapointe, élu interprète masculin de l’année, était aussi un choix prévisible, malgré son étonnement. «J’ai déjà été en nomination à quelques reprises pour le prix, et je ne l’ai jamais eu. Ce n’est pas que j’étais surpris de gagner, c’était surtout que j’étais absolument sûr de ne pas l’avoir.»
Arcade Fire brille par leur présence
Toujours sans grande surprise, la formation montréalaise Arcade Fire a été choisie «artistes québécois s’étant le plus illustrés hors Québec.» Plus surprenant: trois membres du septuor étaient présents pour cueillir le Félix, bien que leur discours – en français, quand même! – ait été expéditif.
Les Cowboys Fringants ont pour leur part été nommés groupe de l’année par le public. Ironie du sort, puisque Jean-François Pauzé avait suggéré à leurs admirateurs, à la blague, de ne pas voter pour eux, faute d’avoir eu beaucoup de visibilité au cours de 2011. Leur nouvel album, Que du vent, sortira dans deux semaines.
La poésie a aussi eu droit à un moment privilégié, car Gilles Bélanger, «metteur en musique» du poète Gaston Miron, a foulé les planches du Théâtre St-Denis à deux reprises, pour empoigner les Félix «Album folk de l’année» et «Compositeur de l’année.» Il s’est dit extrêmement heureux que les mots de notre «Pablo Neruda» national puissent toucher un large public.
Une soirée pour tous les goûts, finalement, mais avec le danger inhérent: une soirée pas totalement au goût de personne!
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